Bernard Da Costa |
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Bernard DA COSTA Bernard DA COSTA a commencé à écrire dans les années 1965. Créateur du premier café-théâtre de Paris, on peut dire qu'il est " l'inventeur " du mouvement du café-théâtre dans les années 1970, Bernard DA COSTA a d'abord écrit des pièces que l'on peut qualifier précisément du genre " café-théâtre ", des œuvres à la structure souple, peu de personnages, courtes souvent, avec des protagonistes plutôt jeunes. Citons " TRIO POUR DEUX CANARIS ", " TRIO POUR DEUX GRUES ", " LA TRUITE DE SCHUBERT ". Puis, en 1971, c'est le vrai début, avec " LES ADIEUX DE LA GRANDE-DUCHESSE ", une pièce beaucoup plus ambitieuse, créée et jouée par Jacques Mauclair, avec Tsilla Chelton et Daniel Colas, au théâtre de Poche de Paris. C'est un succès, et comme les interprètes sont des spécialistes de Ionesco, créateurs de ses principales pièces, on classe Bernard DA COSTA un peu trop rapidement dans la catégorie des auteurs " du théâtre de l'Absurde "…En fait, Bernard DA COSTA est inclassable, capable d'écrire dans des genres et des tons très différents. On le verra avec des pièces légères, comme " PAT ET SARAH ", ou même surréalistes comme " LE BAL DES CUISINIERES " ou, en apparence " historiques ", comme " FREDERIC ET VOLTAIRE ", " NOUS, CHARLES XII ", " BRUMMELL A CAEN ", dans lesquelles en fait, il se conte lui-même ou à travers des personnages déjà connus brode sa propre fiction. Il passe du genre " grand opéra ", c'est-à-dire beaucoup de musique, pas mal d'extravagances, cris, fureurs et passions non partagées, dans des pièces comme " MESSE POUR UN SACRE VIENNOIS " à un genre plus introverti, à la limite de l'énigmatique avec des pièces comme " LE PLAISIR BERLINOIS ", " DEFIS, EMBÛCHES ET AUTRES IMPOSSIBILITÉS ". En 1993 survient la consécration, une œuvre refusée très longtemps en France, " BOOMERANG ", que la grande actrice italienne Rossella Falk décide de créer à Rome, au théâtre Eliseo. Malgré une critique plus que mitigée, en fait il s'agit d'une vraie cabale, la presse italienne reprochant à sa star nationale de préférer un auteur étranger à ses propres auteurs locaux, la pièce conquiert le public. Elle sera jouée plus deux ans à Rome, en tournée, puis traduite notamment en allemand, en portugais, en polonais, jouée dans les plus grands théâtres d'Europe. Parmi ses œuvres les plus originales, à la structure très inventive, dans un registre très particulier, mêlant dialogues, monologues, musique, rêve, réalité, " LE BOXEUR ET LA VIOLONISTE ", créée en 1996 dans un tout petit théâtre, le théâtre Michel Galabru, à Paris, puis repris au festival d'Avignon off, puis au théâtre des Mathurins de Paris, contant, sous prétexte de rencontre de la violoniste virtuose Ginette Neveu et du boxeur Marcel Cerdan, qui périrent dans le même accident d'avion en 1949, les affres de tous créateurs, ou plutôt, de tous êtres tentant de se dépasser, de sublimer leurs moyens, d'atteindre à l'ineffable, grâce à la création, au-dessus, au-delà, de toutes contingences, dans une sorte d'effort permanent, presque condamné à l'échec, mais si exaltant dans cette obstination persévérante. Bernard DA COSTA a dû écrire une bonne centaine de pièces, plus de soixante dix ou quatre vingt ont été jouées, certaines, peu, publiées, pas forcément celles qu'il juge comme les meilleurs ou les plus représentatives de son art. Parmi ses œuvres les plus étranges, à peine connue encore : " HISTOIRE DE L'HOMME QUI AVAIT PERDU SES CHAUSSURES ", conçue pour un grand ensemble, volontiers 30 ou 40 intervenants, et qui relate une révolution qui s'empare d'un pays dans lequel le gouvernement a décidé d'interdire, un beau jour, le port des chaussures. Puis, après bien des péripéties, ordonnera, en fait ce sera le gouvernement suivant, le port obligatoire désormais des chaussures. |